Choisir un prestataire en IA et en automatisation est devenu difficile pour une raison simple : tout le monde sait faire une démonstration. Les outils actuels permettent de monter en une soirée quelque chose qui a l'air de fonctionner. Ce qui ne se monte pas en une soirée, c'est un process qui tourne encore dans dix-huit mois, quand l'API du CRM aura changé, quand le modèle aura été mis à jour, et quand la personne qui l'avait construit sera partie.
Nous avons donc rassemblé les dix questions qui, selon nous, séparent les deux. Nous les publions avec nos propres réponses, article par article. Vous pouvez les poser à n'importe quel prestataire, y compris à nous.
1. La méthode de départ
« Si vous arrivez dans une entreprise qui ne sait pas encore quoi automatiser, quelle est votre méthode ? » Une bonne réponse parle de cartographie des process, d'entretiens avec les équipes, de volumes, de temps passé, de coûts et de risques. Une mauvaise réponse commence directement par un nom d'outil. Notre réponse.
2. Un cas réel, de bout en bout
« Montrez-moi un process que vous avez automatisé du début à la fin. » Situation de départ, découpage, outils, part automatisée, part humaine, résultat, maintenance. Si l'on vous répond par un logo de client sans jamais décrire le mécanisme, la question reste sans réponse. Notre réponse.
3. Les technologies
« Qu'utilisez-vous concrètement ? » Modèles, interfaces de programmation, base de données, files d'attente, gestion des droits, journalisation, supervision. L'outil compte moins que la capacité à en faire une architecture qui tient debout. Notre réponse.
4. La place de l'humain
« Où mettez-vous l'humain ? » Il y a une différence considérable entre « l'IA décide et agit » et « l'IA analyse, propose, un humain valide, puis l'action part ». Sur un process sensible, cette différence est l'essentiel du sujet. Notre réponse.
5. Les erreurs
« Que se passe-t-il quand l'IA se trompe ? » Attendez des mots précis : seuils, règles déterministes, repli, journal, alerte, annulation. Si l'on vous répond que le modèle est assez intelligent pour ne pas se tromper, la conversation peut s'arrêter là. Notre réponse.
6. Le retour sur investissement
« Comment le calculez-vous ? » Temps économisé multiplié par un coût horaire, plus les erreurs évitées, plus le chiffre d'affaires supplémentaire, moins le coût de la solution. Automatiser une tâche de vingt heures par semaine et une tâche de trente minutes ne se décide pas de la même façon. Notre réponse.
7. La maintenance
« Qui s'en occupe une fois que ça tourne ? » Qui intervient quand une interface de programmation change, qui surveille, qui corrige, combien ça coûte, et pouvez-vous reprendre la main vous-même. C'est la question la plus oubliée, et la plus coûteuse. Notre réponse.
8. La propriété
« À qui appartiennent les workflows, le code, les consignes, les bases, les comptes et les données ? » Une automatisation qui vit dans le compte du prestataire n'est pas un actif, c'est une dépendance. Notre réponse.
9. Le plan à quatre-vingt-dix jours
« Si vous deviez automatiser 20 % de nos opérations en trois mois, comment feriez-vous ? » Ne soufflez pas la réponse. Laissez votre interlocuteur construire son plan devant vous : c'est là que l'expérience se voit, ou pas. Notre réponse.
10. Ce qu'ils refusent
« Qu'est-ce que vous refuseriez d'automatiser ? » C'est notre question préférée. Un prestataire qui n'a aucune limite à vous donner n'a probablement jamais eu à assumer une automatisation en production. Notre réponse.
Un prestataire qui ne refuse rien ne protège rien.
La question de plus, si l'on vous parle d'orchestrateur
Le mot est à la mode et recouvre à peu près tout. Demandez ce qu'il y a derrière : quelles briques, où sont stockées les données, comment les agents se transmettent l'information, comment sont gérés les droits et les erreurs. Nous y répondons dans un article dédié, et nous expliquons ce que recouvre exactement notre offre sur la page Orchestrateur IA.
Et après l'entretien
Notez chaque prestataire sur les dix mêmes critères, à froid, le lendemain. Nous publions la grille que nous utilisons, avec ses seuils d'interprétation. Elle a un défaut assumé : elle ne récompense pas la démonstration. C'est exactement pour cela qu'elle est utile.


