C'est la question qui démasque le plus vite un vendeur de promesses. Non parce que la bonne réponse serait de refuser beaucoup, mais parce qu'un professionnel qui a exploité des automatisations réelles a forcément des limites, et il sait les expliquer.

Voici les nôtres. Elles ne viennent pas d'une méfiance envers la technologie : elles viennent du rapport entre ce qu'une erreur coûte et ce que la supervision coûte.

Les décisions qui concernent des personnes

Écarter une candidature, évaluer un collaborateur, décider d'une sanction, refuser un dossier à un particulier. Une IA peut préparer, résumer, comparer, signaler. La décision reste humaine, et elle doit rester explicable par la personne qui la porte. Ce n'est pas seulement une position morale : c'est aussi ce que le cadre réglementaire européen attend des systèmes qui pèsent sur les droits des personnes.

Les gestes irréversibles vers l'extérieur

Un envoi de masse, une suppression définitive, un virement, une publication sur les comptes de l'entreprise, un signalement à un tiers. La technique le permet parfaitement. Nous ne le faisons pas sans validation, parce que le rattrapage est impossible et que le gain de temps est dérisoire face au coût d'un envoi malheureux.

Nous n'automatisons pas ce qui ne peut pas être défait.

Les conversations difficiles

Un litige, une réclamation grave, une annonce de retard important, une résiliation, un client en colère. Une réponse générée sera correcte et polie, et c'est précisément le problème : elle sera lue comme une esquive. Ces moments sont ceux où la relation se joue. L'IA y sert à préparer les éléments, jamais à parler à la place.

Les affirmations qui engagent l'entreprise

Un prix négocié, une garantie, un conseil réglementaire, un engagement de délai, une réponse à un appel d'offres. Un modèle produit un texte plausible ; un texte plausible sur un tarif engage l'entreprise aussi sûrement qu'un texte exact. Tout ce qui a valeur d'engagement passe par une source de vérité et une validation.

Les process que l'entreprise ne sait pas décrire

C'est notre refus le plus fréquent, et le moins attendu. Quand deux personnes traitent le même dossier de deux façons différentes et que personne ne peut dire laquelle a raison, il n'y a rien à automatiser : il y a une règle à écrire. Automatiser à ce stade fige une incohérence et la répète à grande échelle.

Nous préférons le dire au premier rendez-vous, quitte à repousser le projet d'un mois. C'est plus honnête que de facturer un développement qui devra être refait.

Ce que nous automatisons sans hésiter

La liste inverse est longue, et c'est là que se trouve la valeur : classer, extraire, résumer, rapprocher, préparer un brouillon, contrôler la conformité d'un dossier, relancer, mettre à jour, surveiller, alerter, produire un rapport. Tout ce qui est répétitif, réversible et vérifiable a vocation à sortir des mains humaines. Nos agents IA travaillent exactement dans ce périmètre.

Refuser quelques usages n'est pas de la frilosité. C'est ce qui rend le reste défendable.