La dépendance à un prestataire ne se découvre jamais au début. Elle se découvre le jour où l'on veut changer, et où l'on s'aperçoit que le mécanisme qui fait tourner une partie de l'entreprise vit dans un compte auquel on n'a pas accès.

La question se pose donc avant la signature, élément par élément. Voici la liste que nous conseillons de faire remplir, y compris à nous.

Les huit lignes à cocher

  • Les enchaînements automatisés. Dans quel compte vivent-ils, et pouvez-vous les exporter ?
  • Le code. Dans un dépôt qui vous appartient, avec un accès administrateur de votre côté.
  • Les consignes données aux modèles. Ce sont elles qui contiennent votre savoir-faire. Elles doivent être versionnées et lisibles.
  • Les agents et leur configuration. Périmètre, outils autorisés, règles de sécurité.
  • Les bases de connaissances. Vos documents, leur découpage, leur index. Ils sont reconstruits à partir de votre matière : ils vous appartiennent.
  • Les comptes des services utilisés. Modèles d'IA, envoi d'e-mails, paiement, hébergement. Au nom de l'entreprise, payés par elle.
  • La documentation. Suffisamment claire pour qu'un tiers reprenne sans vous téléphoner.
  • Les données. Les vôtres, exportables dans un format ouvert, à tout moment et sans négociation.

Le cas des accès aux modèles

C'est le point le plus révélateur, et le plus facile à vérifier. Deux modèles économiques coexistent. Dans le premier, le prestataire fait tourner l'IA sur son propre compte et vous revend la consommation : vous ne voyez pas le prix réel, vous ne pouvez ni plafonner ni couper, et vous ne pouvez pas partir sans tout reconstruire. Dans le second, l'IA s'exécute sur votre compte, avec vos accès et votre facture.

Nous avons choisi le second. Notre prix couvre le pilotage, pas la revente de consommation : les appels partent de vos accès, vous voyez ce que ça coûte, vous fixez un plafond, et vous gardez la main sur l'interrupteur. Nous l'écrivons sur la page Orchestrateur IA parce que c'est un engagement, pas une préférence technique.

Si vous ne pouvez pas couper vous-même, ce n'est pas votre automatisation.

Ce qu'un contrat doit dire

Trois clauses valent tous les discours : la propriété des livrables à votre entreprise dès leur paiement, une obligation de réversibilité décrivant ce qui vous est remis à la fin, et l'interdiction de réutiliser vos données ailleurs. Il faut y ajouter le sujet des données personnelles : qui est responsable de traitement, qui est sous-traitant, où sont hébergées les données, et sur quelle base juridique elles sont traitées.

Le test en une phrase

Posez cette question, et écoutez le silence éventuel : « si nous mettons fin au contrat dans un an, que recevons-nous exactement, sous quel délai, et qu'est-ce qui cesse de fonctionner ? » Une réponse précise vaut tous les arguments commerciaux. Une réponse gênée est en soi la réponse.